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Politique - Page 2

  • LE CENTRE

    A l’heure ou François BAYROU devient un candidat crédible pour la présidentielle et ou de nombreux centristes s’’intrerrogent sur la crédibilité de sa démarche il est intéressant de connaitre la situation du centre en France.

    Alexandre VATIMBELLA répond à beaucoup de questions que l’on peut se poser.

     

     

     

     

    L’année du Centrisme en France. 2011: L’échec de la refondation du Centre

     

    Comme chaque année, nous faisons ici le bilan de l’année qui vient de s’écouler pour le Centre et le Centrisme en France.

    2011 aura été marquée, d’abord et avant tout, par l’échec de la réunion des centristes et de la refondation d’un parti centriste fort. Mais elle a aussi vu François Bayrou reprendre espoir de bien figurer à la prochaine élection présidentielle.

    En outre, elle a vu des tentatives, plus ou moins subtiles, de récupération du Centre par des politiciens venus de la Droite comme Jean-Louis Borloo et Dominique de Villepin. Plus fondamental, s’est posée la question de l’avenir du Centre en France comme force politique capable de gouverner ou de nouer des alliances équilibrées avec la Droite ou la Gauche.

     - Echec de la refondation du Centre

    S’il est difficile de savoir qui y a cru réellement, en tout cas, la refondation du Centre autour d’un parti unique ou d’une confédération de partis sur le modèle de l’UDF de 1978 a été un échec total.

    A la fin 2010, on comptait deux formations centristes principales, le Mouvement démocrate et le Nouveau centre, et deux micro-formations, l’Alliance centriste (qui, paradoxalement, a plus d’élus que le Mouvement démocrate!) et Cap 21. A la fin 2011, le paysage est exactement le même, figé par l’incapacité des centristes à se rassembler et même à se parler autrement que par des invectives ou des reproches. Dès lors, pas étonnant qu’ils aient du mal à parler aux Français.

    Tout a commencé au début de l’année quand Hervé Morin, le président du Nouveau centre, et Jean Arthuis, le président de l’Alliance centriste, décident, dans la foulée d’intentions explicitées dans les derniers mois de 2010, de créer une Confédération des Centres. Une initiative importante pour les deux hommes qui semble pouvoir faire bouger les lignes ou, au moins, faire réagir les autres composantes du Centre et ceux qui veulent s’y associer comme le Parti radical.

    Hervé Morin a besoin, absolument, de trouver un partenaire pour prendre la tête d’un rassemblement des centristes avant que ne le fasse Jean-Louis Borloo qui dit alors réfléchir pour en être, lui-même, le chef. Quant à Jean Arthuis, la création en 2009 de l’Alliance centriste pour en faire la pierre angulaire d’une refondation du Centre a été, jusque-là un échec dû en grande partie à son inaction velléitaire. Il doit démontrer qu’il agit à ceux qui l’ont rejoint mais aussi aux autres leaders centristes.

    Dans une déclaration commune à l’Assemblée nationale, ils se font forts de créer une formation où se retrouveront toutes les familles centristes.

    Bien sûr, dès le départ, les deux hommes ne sont pas d’accord sur qui doit ou non faire partie de cette confédération. Hervé Morin estime que François Bayrou n’y a pas sa place, et Jean Arthuis ne voit pas d’un bon œil la présence dans le tour de table de la Gauche moderne de Jean-Marie Bockel.

    Cependant, ils partagent l’espoir de créer une dynamique qui balaiera les préventions, les oppositions et les inimitiés.

    En réalité, ils vont en créer de nouvelles!

    Car, dès la déclaration commune publiée, le troisième larron cité plus haut entre immédiatement dans la ronde, sentant qu’il ne faut pas que le train de la refondation le laisse sur le quai.

    D’autant que Jean-Louis Borloo, le président du Parti radical, est un homme humilié par Nicolas Sarkozy, lui qui se voyait premier ministre avant d’être sèchement recalé. Il rêve évidemment de prendre sa revanche en détachant sa formation politique de l’UMP et en organisant sa candidature à la présidentielle de 2012.

    Il est populaire dans l’opinion publique et se prend à rêver de l’Elysée. Il lui faut seulement un lieu politique pour assoir sa crédibilité de candidat à la présidentielle et lui fournir quelques troupes. Son choix se porte sur le Centre.

    Car, si le Parti radical est au centre de l’échiquier politique, il n’est pourtant pas, historiquement, un parti du Centre même s’il a compté de véritables et grands centristes dans ses rangs au cours de sa longue existence, comme, par exemple, Aristide Briand, pour n’en citer qu’un.

    Le problème, c’est que Jean-Louis Borloo est fermement arrimé à la majorité présidentielle et qu’il ne compte pas en sortir (ou qu’il ne le peut, ses élus ne le souhaitant pas, majoritairement), ce qui est contraire à la vision d’un Centre indépendant.

    Cependant, il se révèle vite qu’Hervé Morin partage lui aussi ce positionnement politique et parle de rassembler, non plus le Centre, mais le centre-droit. Du coup, les deux hommes, qui se détestent, vont se rapprocher ainsi que leurs deux formations, éloignant la possibilité pour le Mouvement démocrate de s’associer à une telle confédération.

    De son côté, Jean Arthuis, qui ne veut pas perdre la main, publie maladroitement sur son blog un appel à rejoindre cette future confédération bien ancrée désormais au centre-droit alors que la majorité des militants de l’Alliance centriste n’en veulent pas. Il devra faire machine arrière et détruira ainsi la capacité de son parti à jouer un quelconque rôle de premier plan dans une refondation centriste.

    Hervé Morin se retrouve alors seul face à Jean-Louis Borloo et estimera, en plus, que Jean Arthuis l’a trahi. D’autant que le président du Nouveau centre doit également affronter une fronde interne, nourrie de ressentiments de longue date (comme avec Jean-Christophe Lagarde, le président exécutif), et nombre de ses élus, de François Sauvadet à Valérie Létard en passant par Maurice Leroy, prennent position pour un leadership de Jean-Louis Borloo.

    Ces dissensions entre le Nouveau centre et le Parti radical (et à l’intérieur du Nouveau centre) n’empêchent pas, au début de l’été, la création de l’Arés (Alliance républicaine écologique et sociale) qui regroupe, outre les deux formations citées plus haut, le micro-parti de Jean-Marie Bockel, la Gauche Moderne, et un club inconnu jusque là, dirigé par Hervé de Charrette, transfuge de l’UMP.

    Les responsables de cette Arés se réunissent et élaborent des positions communes et se distribuent des postes. Néanmoins, il n’y a pas grand monde pour croire à une véritable union.

    La suite va malheureusement démontrer que le rapprochement n’est qu’un trompe l’œil. Car, dès la rentrée de septembre, il se confirme qu’Hervé Morin et Jean-Louis Borloo ne se mettront pas d’accord. Le dernier nommé, qui espérait que tout le Centre se réunisse derrière son panache et le soutienne pour la présidentielle sent passer le vent du boulet.

    D’autant que beaucoup d’analystes politiques mais aussi d’amis du Président du Parti radical n’ont jamais cru dans sa candidature. Ils connaissent l’homme et savent qu’il n’est pas prêt à s’engager dans une campagne comme celle de la présidentielle. Certains soupçonnent même l’UMP d’avoir mis en place toute une campagne pour décrédibiliser et détruire Jean-Louis Borloo à l’instant même où il annoncera sa candidature.

    Un Jean-Louis Borloo qui décidera en catimini, sans même avertir ses plus proches amis politiques, de renoncer à se présenter et qui viendra l’annoncer sur le plateau du journal télévisé de TF1.

    Quant à l’Arés, celle-ci existe encore actuellement et ses dirigeants affirment qu’ils préparent les élections législatives. Va-t-elle résister à la campagne présidentielle, surtout si Hervé Morin se présente et que Jean-Louis Borloo, comme il a commencé à le faire, le critique à chaque fois qu’il ouvre la bouche? Il est trop tôt pour le dire.

    Mais on peut penser que les députés radicaux et du Nouveau centre ont intérêt à s’entendre pour négocier les investitures aux législatives, surtout si c’est un président de gauche qui est élu, afin de sauver ce qu’il y aura à sauver.

    De son côté, François Bayrou a été le grand absent de cette refondation du Centre, non pas en paroles (il a fait moult déclarations à ce sujet pour, soi-disant, la souhaiter de tout cœur) mais en acte. Car le président du Mouvement démocrate n’avait aucun intérêt à ce que celle-ci se fasse avec ou sans lui.

    Sa position tout au long de 2011, avant la fin de l’automne où il s’est déclaré candidat pour 2012 et où les sondages ont commencé à frémir, était d’une extrême faiblesse.

    Car si le Mouvement démocrate a certainement plus de militants que le Nouveau centre, il n’a aucune existence digne de ce nom en matière d’élus. Il ne peut donc peser sur aucun débat parlementaire et ne dirige aucune grande ville (si ce n’est comme allié de maires PS ou UMP), aucun département et aucune région.

    Du coup, son discours se perd souvent dans le vide malgré une bienveillance des médias. Une refondation du Centre, sur un pied d’égalité de tous les partis centristes, aurait alors  été mortelle, si ce n’est pour le Mouvement démocrate, tout au moins pour François Bayrou. Une situation qui pourrait diamétralement et rapidement changer s’il est haut dans les sondages et s’il fait un bon score à la présidentielle (et même plus s’il est au second tour). Il pourra alors se poser en rassembleur, ce qui n’est pas encore le cas en cette fin d’année 2011.

    Reste qu’il a quand même récupéré un Jean Arthuis en complète perdition, ayant plombé son parti et ayant perdu sa position au Sénat où, de président de la commission des Finances, il est redevenu simple sénateur de la Mayenne.

    Dans le camp centriste, c’est actuellement le seul ralliement significatif à François Bayrou, ce qui n’est pas grand-chose. Evidemment, les choses pourraient évoluer dans les premières semaines et les trois premiers mois de 2012.

    De leur côté, les «centristes de l’UMP» dont les principaux leaders ont été en 2011 Pierre Méhaignerie et Marc-Philippe Daubresse, ont regardé avec intérêt cette refondation mais sans aller plus loin que de le dire et d’affirmer qu’une grande formation du Centre pourrait voir le jour après les élections de 2012 quand une recomposition politique sera à l’ordre du jour. On a vu, par exemple, Pierre Méhaignerie participer avec plaisir (et/ou avec discipline…) à toutes les réunions du Centre au cours de l’année 2011 sans pour autant faire un pas en dehors de l’UMP.

     

    - Les trois mousquetaires du Centre en 2011

    Les trois personnalités qui ont occupé le centre de l’échiquier politique en 2011 ont été François Bayrou, Hervé Morin et Jean-Louis Borloo.

    Les Espoirs de François Bayrou pour la présidentielle de 2012

    François Bayrou n’a qu’une obsession (même s’il dit le contraire désormais), l’élection présidentielle. Il faut dire qu’elle reste aussi la seule élection où il peut cacher la faiblesse de son parti et de ses troupes. Mais c’est aussi celle où il s’est investi le plus et qui lui a été la plus favorable avec un score de 18,55% en 2007. Il rêve donc d’être, au moins, le troisième homme de la présidentielle de 2012 et, pourquoi pas, le deuxième et même le premier.

    Dire qu’il a tout sacrifié à son destin présidentiel même son parti est une simple constatation. S’il remporte un jour la présidentielle, tout cela sera légitimé. Si ce n’est pas le cas, il sera sans doute comptable de la faiblesse du Centre en ce début de deuxième millénaire.

    Cela dit, il a du apprendre de son échec de 2007, ce qui n’est jamais facile pour lui qui est campé dans ses certitudes, et s’apercevoir que son hubris d’alors lui a joué de bien mauvais tours.

    A l’issu du premier tour de la présidentielle, se croyant, désormais, un des leaders incontournables de la politique française, il avait renié son positionnement au centre pour se dire «ailleurs» mais sans être jamais capable de le définir exactement.

    En 2011, il a fait le chemin inverse, sachant qu’il lui fallait (comme nous l’avons vu plus haut pour Jean-Louis Borloo) un lieu politique bien identifié pour crédibiliser sa candidature à la présidentielle de 2012.

    Il a donc déclaré sans relâche qu’il était du Centre, ce qui ne l’a pas empêché de faire quelques déclarations politiques plus proches d’un nationalisme étatique gaullien que d’un libéralisme social giscardien.

    De même, en 2007, il s’était installé dans un splendide isolement totalement infructueux, confondant compromission et compromis, parlant d’indépendance pour fustiger l’idée d’alliances électorales pourtant nécessaires quand on n’est pas majoritaire et refusant de prendre parti pour un des deux candidats du second tour de la présidentielle. En 2012, il l’a annoncé, s’il n’est pas au second tour, il appellera à voter pour un des deux qualifiés.

    Un changement complet qui n’est pourtant pas sans poser de questions. Car, s’il veut demeurer le plus longtemps possible un candidat crédible pour le second tour et surtout ne pas susciter d’ores et déjà un «vote utile», il ne peut, à l’opposé d’un Hervé Morin qui dit qu’il appellerait à voter Sarkozy, déclarer dès maintenant à qui il apportera son soutien.

    De même, ne sachant pas encore qui, de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande, sera celui qu’il a le plus de chance de battre pour se retrouver au second tour, il hésite sur son positionnement politique.

    François Bayrou se devra de clarifier celui-ci au début de 2012 pour donner des indications à des électeurs qui souhaiteront certainement plus qu’un flou artistique dans lequel il les entretient actuellement pour mettre un bulletin de vote à son nom dans l’urne.

     

    L’avenir politique en pointillé d’Hervé Morin

    2011 a été une année complexe pour Hervé Morin. Débarqué du gouvernement par Nicolas Sarkozy, sa candidature à l’élection présidentielle a été combattue jusque dans son propre parti par ses (in)fidèles lieutenants, faisant ressortir toute l’animosité qui existe depuis longtemps entre ces anciens UDF que seule la décision de Bayrou de ne pas rejoindre Sarkozy en 2007 a réuni sous la même bannière du Nouveau centre.

    D’autant qu’Hervé Morin plafonne dans les sondages à 1% des intentions de vote (et il n’a jamais dépassé les 2%).

     our autant, la candidature d’Hervé Morin est quasiment une question de survie politique pour lui et, peut-être, pour le Nouveau centre en tant que formation réellement indépendante.

    Son avenir politique personnel passe par exister coûte que coûte sur la scène politico-médiatique afin d’acquérir une visibilité et une légitimité suffisantes pour être, sinon incontournable, tout au moins inviter à la table des négociations. Et il est également convaincu que l’avenir du Nouveau centre comme parti politique indépendant passe par une candidature à l’élection présidentielle, la seule qui compte dans le cadre des institutions de la V° République.

    En outre, si l’on écoute ce qu’Hervé Morin dit depuis qu’il est candidat, force est de reconnaître qu’il déploie un discours centriste sans équivoque, en tout cas bien plus que celui de François Bayrou, actuellement.

    Ou, pour le dire différemment, il fait vivre une des voix centristes, celle qui est plus libérale, européenne et ouverte sur le monde.

     

    Les pantalonnades de Jean-Louis Borloo

    Si nous parlons ici de Jean-Louis Borloo, c’est parce qu’il a occupé une grande place dans les affaires du Centre en 2011 alors même que l’homme dit ne pas être centriste (tout en ayant déclaré qu’il voulait réunir le Centre…).

    Bien entendu, son discours de droite modérée n’est pas sans similitudes avec les thèses centristes. Pour autant, il serait excessif de le présenter comme un centriste.

    Son idée était d’être assez populaire et moderne pour séduire les partis du Centre afin de se rendre incontournable pour être leur représentant pour la présidentielle.

    Mais son manque de légitimité pour cette dernière revendication est vite apparue criante même s’il a su convaincre une partie du Nouveau centre de le suivre.

    En tout cas, il n’a pu rendre la candidature d’Hervé Morin illégitime. Fort de ce constat et de sa peur de se lancer dans une campagne présidentielle, il a préféré renoncer.

    Ses explications quant à son retrait ne sont pas crédibles ou, alors, ce sont celles qu’il a donné comme raison de sa possible candidature qui ne l’étaient pas…

    Même son absence de décollage dans les sondages ne vaut pas car, comme on l’a vu pour François Hollande puis pour François Bayrou, la progression dans les intentions de vote débutent souvent au moment d’une déclaration officielle de candidature.

    Actuellement, Jean-Louis Borloo tente d’exister politiquement, surtout dans la négation et la critique des candidats centristes, que ce soit François Bayrou et Hervé Morin. Une fin d’année 2011 assez pathétique pour un homme politique qui vaut mieux que cela et dont espère un sursaut en 2012.

     

    - L’avenir du Centre en France comme force politique majeure

    Les péripéties centristes de cette année 2011 posent la question cruciale de l’avenir du Centre comme force politique majeure en France.

    Déjà malmenés par le scrutin majoritaire à deux tours, les centristes n’en finissent pas d’être quasiment incapables de se situer dans leurs alliances et dans leurs stratégies politiques.

    Pourtant, le Centrisme est une pensée politique forte qui permet un rassemblement autour de ses idées et de ses propositions ainsi que d’un projet présidentiel.

    En refusant de se réunir en 2011, ils ont remis à plus tard leur capacité à peser sur la politique française. Ce «plus tard» pourrait néanmoins être de courte durée si François Bayrou réussit à monter dans les sondages début 2012 et fait un score notable lors de la présidentielle soit en étant incontournable pour faire le prochain président, soit en étant lui-même un des deux finalistes du second tour.

    Si ce n’est pas le cas, le Centrisme risque de se déchirer après une présidentielle qui ravivera les plaies et les désaccords, éparpillant les centristes un peu partout, c’est-à-dire nulle part.

     

  • RÉPONSE AU GROUPE AVENIR

     

    REPONSE AU « GROUPE D’AVENIR  CANTON DE SAINT-BEAT

    Voici que pour la deuxième fois, le groupe « d’avenir canton de St-Béat » se manifeste par courrier.

    Ces personnes m’honorent par leur diligence et dénoncent les maux dont souffrent notre canton, à savoir un fonctionnement pernicieux de la Communauté des Communes.

    Lors des dernières élections je pensais que le renouvellement d’une bonne partie des  membres  élus des communes  siégeant au  sein de la CC apporterait de nouvelles orientations à cette institution. Certains élus avec le temps ont compris qu’il était encore possible de rentrer en rébellion. Mais la rébellion doit être constructive et la politique de la chaise vide n’est pas constructive.

    Ce groupe dans sa lettre dénonce entre autre, la course aux  «  subventions à perte pour une caste » sur  la station du Mourtis,  les dérives du pool routier, la gestion désastreuse du personnel,  des impôts toujours en hausse.

    Il est certain que les investissements  engagés sur la Station du Mourtis et ceux avenirs sur le transfert  des locaux administratifs de la CC  vont restreindre la marche de manœuvre  de la nouvelle équipe qui prendra les reines de l’intercommunalité en 2014. On fait tout en oubliant qu’en 2014 rentrera en action les Conseillers territoriaux et que sûrement le canton sera redécoupé.  (La loi sur les conseillers territoriaux  a été promulguée le 21 juillet 2011 et publiée au journal officiel le 27).

    Pour répondre à ce groupe je le fais par le biais de ce blog en attendant de connaitre leur identité.Qu’ils sachent que nous n’avons jamais baissé les bras et que nous sommes prêts pour prendre nos responsabilités le moment venu.

  • Mon 14 Juillet

    Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr

    1/7

    En défense d'Eva Joly: leur 14-Juillet et le

    nôtre

    Par Edwy Plenel

    Article publié le dimanche 17 juillet 2011

    Les pertinentes déclarations d'Eva Joly sur le 14-

    Juillet, qu'il faudrait démilitariser afin de le rendre

    au peuple, ont provoqué un double tollé. Celui de

    la droite extrême aujourd'hui au pouvoir qui dévoile,

    une nouvelle fois, sa dérive xénophobe en criant

    haro sur l'étrangère. Mais aussi celui de la gauche

    socialiste qui, avant de s'en solidariser face aux

    attaques, s'est empressée de critiquer la candidate

    écologiste caricaturée en naïve irresponsable. Retour

    sur un moment révélateur.

    Bientôt, si notre vie publique continue de dévaler la

    pente à ce rythme, coincée entre une droite égarée

    qui assume sa xénophobie et une gauche frileuse

    qui oublie sa propre histoire, il deviendra subversif

    de chanter Georges Brassens. Par exemple, « La

    mauvaise réputation » qui donnait son nom au premier

    album du chanteur en 1952 et dont la deuxième

    strophe invite à flemmarder le jour du 14-Juillet, par

    résistance passive aux automatismes guerriers et aux

    conformismes nationalistes :

    Le jour du Quatorze Juillet

    Je reste dans mon lit douillet.

    La musique qui marche au pas,

    Cela ne me regarde pas.

    Je ne fais pourtant de tort à personne,

    En n'écoutant pas le clairon qui sonne.

    Mais les braves gens n'aiment pas que

    L'on suive une autre route qu'eux,

    Non les braves gens n'aiment pas que

    L'on suive une autre route qu'eux,

    Tout le monde me montre du doigt

    Sauf les manchots, ça va de soi.

    Murés dans leurs certitudes recuites, indifférents à la

    vitalité et à la beauté du monde, haineux, peureux ou

    frileux, ces « braves gens » qui « n'aiment pas que l'on

    suive une autre route qu'eux » sont de retour. Ils sont

    habités par la peur, peur de l'inédit, peur de l'imprévu,

    peur du changement. Peur de l'étranger bien sûr, mais

    aussi des voisins et des gamins, de tout ce qui ne leur

    ressemble pas, du différent et du dissident.

    Ces « braves gens »-là n'ont pas de nationalité. Ils

    sont de partout, témoignant de ces temps où règnent

    encore la soumission et l'abêtissement. C'est d'ailleurs

    pourquoi la chanson du libertaire Brassens a fait le

    tour du monde et des langues. En 1969, elle valut à

    Paco Ibáñez, qui était cette semaine l'invité des Suds

    à Arles dont Mediapart est partenaire, d'être interdit

    de séjour dans l'Espagne du dictateur Franco :

    Notre France, telle qu'elle est vraiment et telle qu'elle

    vit réellement, abrite aussi une version en créole

    de « La mauvaise réputation», bras d'honneur de

    nos lointains, d'outre-mer et de créolisation, aux

    mesquineries nationalistes et aux aigreurs racistes.

    Elle est du formidable Réunionnais Daniel Waro :

    De Brassens à Waro, en passant par Ibáñez, nous

    dédions ces manifestes chantés à Eva Joly qui, cette

    semaine, a bien mérité de la République française,

    en a défendu l'honneur et la grandeur. Eva Joly,

    notre compatriote d'origine étrangère, l'une de ces si

    nombreux Français et Françaises venus d'ailleurs qui,

    comme ce fut le cas en d'autres époques sombres ou

    détestables, de la Commune de Paris à la Résistance au

    nazisme, savent parfois bien mieux ce qu'est vraiment

    la France que les prétendus Français dits de souche.

    Nous sommes donc totalement à ses côtés, et allons

    en détailler les raisons, quitte à partager avec elle le

    sort promis par les « braves gens » à nos mauvaises

    réputations :

    Pas besoin d'être Jérémie,

    Pour deviner le sort qui m'est promis,

    S'ils trouvent une corde à leur goût,

    Ils me la passeront au cou,

    Je ne fais pourtant de tort à personne,

    En suivant les chemins qui ne mènent pas à Rome,

    Mais les braves gens n'aiment pas que

    L'on suive une autre route qu'eux,

    Non les braves gens n'aiment pas que

    L'on suive une autre route qu'eux,

    Tout le monde viendra me voir pendu,

    Sauf les aveugles, bien entendu.

    Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr

    2/7

    Rendre le 14-Juillet au peuple

    Pour le 14-Juillet, les « braves gens » qui nous

    gouvernent, de François Fillon à Henri Guaino,

    en passant par Valérie Pécresse (voir ou lire leurs

    déclarations respectives en cliquant sur leurs noms),

    en redemandent donc, « de la musique qui marche

    au pas », du clairon et du flonflon en uniforme, du

    défilé martial, des chars et des canons, des blindés

    et des bombes, des engins meurtriers et des chairs à

    canon. Peu leur importe que la France soit la seule

    démocratie à pratiquer le jour de sa fête nationale

    ce genre de réjouissances, réservées tout autour de

    nous aux seuls pays dictatoriaux ou autoritaires. Peu

    leur importe donc que nous partagions cette exception

    avec la Corée dynastique des Kim, la Chine du parti

    unique, la Russie à peine désoviétisée, le Cuba des

    frères Castro, les dictatures arabes chancelantes, etc.

    La France ne pourrait-elle se fêter autrement ? Ne

    pourrait-elle se reconnaître dans un 14 juillet rendu

    à ses origines de révolte populaire – la prise de la

    Bastille, le 14 juillet 1789 – ou de fête républicaine

    – la Fête de la fédération, le 14 juillet 1790 –

    plutôt qu'un 14-Juillet confisqué par l'imaginaire le

    plus pauvre ? Car que signifie, au XXIe siècle, sur

    le continent dont les déchirements furent à l'origine

    de deux guerres mondiales, se célébrer comme une

    nation guerrière sinon exprimer une terrifiante peur

    du monde et de l'avenir ? N'aurions-nous pas d'autres

    symboles pour nous rassembler que la guerre et

    ses professionnels, ses conflits et ses drames, ses

    armées et ses armes, inséparables, l'oublierait-on

    malgré l'actualité chroniquée par Mediapart, de leurs

    marchands corrompus et leurs trafics occultes (lire

    ici, là et encore là les trois premiers volets de nos

    révélations sur les documents Takieddine) ?

    Même nos militaires, qui, aujourd'hui, à force d'être

    projetés tout autour de la planète dans des conflits qui

    leur échappent, apprennent plus des autres peuples et

    des autres cultures que nos pauvres politiques repliés

    sur leur réduit hexagonal, comprendraient aisément

    qu'on réinvente la Fête nationale. Une fête qui

    célébrerait vraiment cette République « démocratique

    et sociale » que proclament nos textes fondamentaux.

    Une fête qui ne serait pas cette instrumentalisation

    des servitudes militaires au service de l'oligarchie

    régnante, mise en scène de la privatisation de la

    puissance plutôt que célébration d'une nation fière de

    ce qui la réunit.

    Un 14-Juillet qui proclamerait à la face du monde

    cette République française qui ne fait pas de différence

    entre ses citoyens d'où qu'ils soient et d'où qu'ils

    viennent, assurant l'égalité devant la loi de tous « sans

    distinction d'origine, de race ou de religion », comme

    le précise le préambule de notre Constitution. Une

    fête qui défendrait cette République que trahissent les

    délinquants constitutionnels de l'actuel gouvernement

    dont le seul projet d'avenir est la chasse à l'étranger,

    non seulement de l'étranger qui menace d'arriver

    mais, désormais, de l'étranger parmi nous, du Français

    « d'origine étrangère » désormais officiellement

    stigmatisé, du Français « binational » dorénavant

    montré d'un doigt d'infamie, du Français douteux voué

    aux gémonies de l'anti-France.

    Oui, rendre le 14-Juillet au peuple, dans toute sa

    diversité, de milieux, d'âges et d'origines : Eva Joly

    n'a rien dit d'autre, et ses propos sont de bon sens.

    « J'ai rêvé que nous puissions remplacer ce défilé

    (militaire) par un défilé citoyen où nous verrions les

    enfants des écoles, où nous verrions les étudiants,

    où nous verrions aussi les seniors défiler dans le

    bonheur d'être ensemble, de fêter les valeurs qui nous

    réunissent. » Ces simples mots, ces mots simples

    seraient donc un crime ! Pis, le crime d'une étrangère

    qui n'aurait qu'à retourner dans sa Norvège natale !

    D'une binationale qu'il faudrait d'urgence déchoir de

    sa nationalité comme le fit le régime de Vichy, à peine

    installé, pour tous ces mauvais Français qui, dans un

    sursaut patriotique, avaient su lui dire non, d'emblée,

    de Charles de Gaulle à Pierre Mendès France.

    Donc, Eva Joly a d'abord raison sur le fond, proposant

    autour de ce symbole de la Fête nationale un nouvel

    imaginaire de la France, d'une France rassemblée et

    pacifiée, en paix avec le monde et avec elle-même.

    En ce sens, elle exprime ce que pourrait être notre

    France, une France relevée de sa déchéance sarkozyste

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    et élevée à la hauteur de sa promesse républicaine : une

    France qui assume son origine étrangère, une France

    qui reconnaît son histoire populaire.

    Notre France est d’origine étrangère

    Ce n'est pas seulement une provocation pour la pensée,

    par ces temps de xénophobie officielle et de racisme

    banalisé, que d'affirmer ceci : la France est d'origine

    étrangère. Si, à rebours des préjugés idéologiques

    qui inventent une France imaginaire, immobile et

    éternelle, l'on veut bien admettre qu'une nation, c'est

    d'abord une histoire mouvante, celle que tisse son

    peuple par ses actions dans un espace géographique,

    alors, oui, notre France est bien d'origine étrangère.

    Tout simplement, parce qu'elle n'aurait pas été sauvée,

    après l'effondrement national face au nazisme, sans le

    secours de peuples étrangers.

    Car c'est un fait trop peu rappelé : le pari fou du

    général de Gaulle en 1940, d'incarner la France depuis

    l'étranger, n'aurait pas réussi sans une force militaire

    qui lui permit d'installer notre pays à la table des

    vainqueurs quand la compromission avec l'occupant

    de la majorité de ses élites l'aurait logiquement placé

    à celle des vaincus. Or, selon un recensement officiel

    au 31 juillet 1943, quelle était la composition de ces

    Forces françaises libres ? Sur l'ensemble des FFL,

    on comptait alors 66% de soldats coloniaux, 16%

    de légionnaires pour la plupart étrangers et, selon

    les termes d'époque qui, hélas, font retour, seulement

    18% de « Français de souche ». Indépendamment

    de la Résistance intérieure où les étrangers, des

    FTP-MOI (pour « Main-d'oeuvre immigrée ») aux

    Républicains espagnols, étaient déjà en nombre, les

    troupes militaires qui ont permis cette restauration

    républicaine dont Charles de Gaulle reste, pour

    l'histoire, le symbole venaient à plus de 80% des

    ailleurs coloniaux et des lointains étrangers.

    « On ne pourra pas oublier que j'ai accueilli tout

    le monde », confiait le général de Gaulle à André

    Malraux dans leur conversation crépusculaire dont

    rendait compte en 1971 Les Chênes qu'on abat..., après

    que son interlocuteur lui eut rappelé qu'il fut à la tête

    d'une sorte de « Légion étrangère », oui, étrangère.

    Tout le monde donc, sans aucune distinction. Face

    à ceux qui, aujourd'hui, s'en réclament indûment en

    s'en prétendant les héritiers alors qu'ils en sont les

    liquidateurs, il faudrait aussi relever le gaullisme.

    Ce gaullisme des Compagnons de la Libération dont

    l'ordre, créé le 16 novembre 1940, ne prévoit aucun

    critère non seulement d'âge, de sexe, de grade, mais

    aussi d'origine ni même de nationalité. De fait,

    15% d'entre eux sont nés hors de métropole, soit

    dans les anciens territoires coloniaux français, soit à

    l'étranger, et l'on compte vingt-cinq nationalités parmi

    ces libérateurs ayant reçu un morceau de la vraie croix

    gaulliste.

    La chasse obsessionnelle à l'immigré et à l'étranger

    n'est pas seulement une négation de l'histoire humaine

    du peuple français dont la spécificité en Europe est

    d'avoir été nourri de brassages et de déplacements, de

    migrations intérieures et d'immigrations extérieures.

    C'est aussi nier l'histoire politique d'une nation

    républicaine qui s'est inventée, ressourcée et défendue

    par le détour du monde, de sa relation au monde, de ses

    liens avec d'autres peuples, d'autres cultures, d'autres

    continents.

    La dérive actuelle qui, pour la première fois depuis

    les années 1930, fait resurgir une droite extrémisée,

    faisant de la peur ou de la haine de l'étranger son fonds

    de commerce marécageux, ne menace pas seulement

    nos valeurs républicaines. Elle met en péril la France

    elle-même, parce que celle-ci n'existe pas sans cette

    imbrication au monde. Incapable de réinventer la

    France dans un monde postcolonial où la relation ne

    serait plus de domination, où l'ailleurs ne serait pas

    donné par la possession, où l'autre serait enfin un

    égal, ces apprentis sorciers préfèrent tourner le dos au

    monde.

    Il ne suffit pas de dénoncer leurs crimes contre la

    République, ses valeurs et ses principes. Encore fautil

    contre-attaquer, assumer sans crainte cet imaginaire

    supérieur, seul capable d'éteindre leurs incendies et

    de submerger leurs haines. Ce chemin, c'est celui de

    la curiosité, de l'envie et du goût du monde, de ses

    rencontres et de ses retrouvailles, de ses fraternités

    et de son hospitalité. Nous défendrons donc, comme

    Eva Joly et comme bien des Français qui savent,

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    par leurs propres itinérances, curiosités personnelles

    ou déplacements familiaux, ce que leur pays doit au

    monde, la France de l'étranger.

    Cette France dont le patriotisme est un

    internationalisme. Cette France des « Etranges

    étrangers » que chantait Jacques Prévert et qu'à

    l'époque de son poème, en 1953, on ne laissait venir

    « dans la capitale que pour fêter au pas cadencé la

    prise de la Bastille le quatorze juillet ». Ecoutez donc

    Prévert :

    Vidéo disponible sur mediapart.fr

    L’histoire populaire de la République

    Cette France qui assume son origine étrangère est aussi

    celle qui assume son histoire populaire. L'institution

    du 14 juillet comme jour de la Fête nationale n'a

    rien à voir avec une démonstration militaire et tout

    à voir avec la restauration républicaine. Comme l'a

    rappelé récemment Antoine Perraud sur Mediapart

    (lire ici son article), la loi du 6 juillet 1880 ayant

    pour article unique « La République adopte le 14

    juillet comme jour de fête nationale annuelle »

    fut méchamment combattue par les conservateurs

    de l'époque qui ne toléraient pas ce rappel des

    événements révolutionnaires, d'insurrection et de

    fondation populaires.

    Les républicains opportunistes qui venaient tout juste

    de conquérir l'ensemble des leviers du pouvoir, avec la

    présidence de Jules Grévy succédant au royaliste Mac-

    Mahon, ne s'en sortirent qu'en ajoutant à l'évocation

    de la prise de la Bastille en 1789 celle de la Fête de la

    fédération. Tenue un an plus tard, le 14 juillet 1790,

    cette journée-là « n'a coûté ni une goutte de sang ni

    une larme », soulignera pour apaiser la querelle le

    rapporteur au Sénat de la loi sur la Fête nationale,

    érigeant cette date en « symbole de l'union fraternelle

    de toutes les parties de la France et de tous les citoyens

    français dans la liberté et l'égalité ».

    Il s'agit donc, dans ce moment de refondation

    républicaine dont les grandes lois scolaires de

    1881-1882 seront l'accélérateur décisif, d'installer

    durablement la République face aux conservateurs

    qui ne l'acceptent toujours pas. Rien n'est encore

    définitivement acquis et le siège des pouvoirs publics

    n'a quitté Versailles, où il était installé depuis 1871,

    pour Paris qu'en 1879. Le souvenir de la Commune

    de Paris, où le peuple ouvrier fut massacré par les

    Versaillais – 20.000 morts au bas mot et près de

    10.000 déportations – qui avaient préféré pactiser

    avec l'Allemagne par peur de la révolution sociale,

    imprègne ce débat de 1880 sur le 14 juillet. A tel

    point que, quatre jours après l'adoption de la loi sur

    la Fête nationale, le Parlement vote l'amnistie pour les

    condamnés de la Commune.

    Les deux faits sont liés : la Fête nationale à la date

    anniversaire de la prise de la Bastille et la réintégration

    des Communards proscrits dans la vie publique. Dans

    l'imagerie qui témoigne de ce premier 14-Juillet, le

    retour annoncé des Communards est omniprésent, par

    exemple dans cette lithographie anonyme où Marianne

    porte un bonnet phrygien, attribut révolutionnaire

    qui, officiellement, est encore interdit, depuis une

    circulaire de 1872. Or, en arrière-plan à gauche, on

    distingue le bateau La Loire qui assure la liaison

    avec la Nouvelle-Calédonie et, donc, le « retour des

    absents », c'est-à-dire des communards déportés parmi

    lesquels l'exceptionnelle Louise Michel.

    C'est donc bien le peuple que l'on fête, ses conquêtes

    et ses défaites, ses retrouvailles et ses espérances.

    Contrairement à ce qu'affirme aujourd'hui l'ignorance

    officielle, le défilé militaire n'est pas au centre de

    cette première Fête nationale. Certes, à Paris, est mise

    en scène la distribution par le pouvoir républicain

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    de ses « nouveaux drapeaux » à l'armée, scène

    qu'immortalise sur un mode naïf la lithographie cidessus.

    Mais, ici, la symbolique explicite est loin

    d'une démonstration de force ou de puissance : l'armée

    est invitée à manifester publiquement sa loyauté au

    pouvoir civil. Cela allait encore si peu de soi qu'à

    Angers, par exemple, département conservateur, la

    revue militaire sera supprimée en raison des réticences

    de l'armée et que la municipalité républicaine fera

    imprimer une affiche rappelant ce qui n'était pas

    tout à fait une évidence : « La République est le

    gouvernement légal du pays ».

    De fait, en dehors de l'exception parisienne, le

    programme officiel de la Fête nationale du 14 juillet

    1880 non seulement ne contient aucune référence

    militaire mais est extrêmement proche de ce 14-

    Juillet citoyen imaginé par Eva Joly : « Distribution

    de secours aux indigents. Grands concerts au

    jardin des Tuileries et au jardin du Luxembourg.

    Décorations de certaines places... Illuminations, feux

    d'artifices, fêtes locales, décorations trophées, arcs

    de triomphe... ». Tel fut le premier 14-Juillet de la

    République : l'affirmation généreuse du peuple face

    aux mesquineries des puissants.

    L'envie démange, dès lors, de faire de nos gouvernants

    égarés les Versaillais d'aujourd'hui. N'exploitent-ils

    pas la haine de l'étranger par peur du peuple, comme

    une manoeuvre de diversion et une machine de

    division ? La circulation incontrôlée des capitaux, la

    finance sans frontières, les paradis fiscaux, les trafics

    et les corruptions d'un monde dont l'argent est la seule

    valeur, rien de tout cela ne les effraie puisqu'ils en

    sont les gardiens et les profiteurs. En revanche, ce

    sont les humanités dans leur diversité et leur richesse

    qui les inquiètent, tout simplement parce qu'elles sont

    porteuses des espérances populaires. L'étranger qu'ils

    craignent et redoutent, ce n'est rien d'autre que le

    peuple.

    A la veille du 14 juillet 1880, un sénateur, dont

    l'amnistie pour les Communards fut le dernier

    combat, l'énonça avec ce lyrisme propre aux grandes

    espérances. Il se nommait Victor Hugo, et nous lui

    devons cette affirmation que, sous le 14-Juillet de la

    République française, « il n'y a plus d'étrangers ».

    « Messieurs, le 14-Juillet est une fête, déclara

    Victor Hugo à la tribune du Sénat le 3 juillet

    1880 (l'intégralité du discours est sous l'onglet

    « Prolonger »). Quelle est cette fête ? Cette fête est

    une fête populaire. Voyez la joie qui rayonne sur tous

    les visages, écoutez la rumeur qui sort de toutes les

    bouches. C'est plus qu'une fête populaire, c'est une

    fête nationale. Regardez ces bannières, entendez ces

    acclamations. C'est plus qu'une fête nationale, c'est

    une fête universelle. Constatez sur tous les fronts,

    anglais, espagnols, italiens, le même enthousiasme ; il

    n'y a plus d'étrangers. »

    Pour une gauche n'ayant plus peur d'elle-même

    Extraordinaire leçon civique que cette querelle du

    14-Juillet ! Tandis que la droite ne connaît plus la

    France, l'oublie et la défigure, une certaine gauche

    ne se connaît plus elle-même. Avant de voler à son

    secours face aux attaques xénophobes du pouvoir,

    plusieurs représentants du Parti socialiste se sont

    en effet empressés de moquer Eva Joly, sa naïveté

    et son irresponsabilité supposées. Deux candidates

    à la primaire socialiste, Martine Aubry et Ségolène

    Royal, ont commencé par critiquer ses propositions

    sur une démilitarisation du 14-Juillet, la première

    en déclarant : « Bien évidemment, ce n'est pas

    acceptable, ça n'a même pas de sens », la seconde en

    affirmant que la candidate écologiste était « plus douée

    pour lutter contre la corruption que pour improviser

    des déclarations ». Propos redoublés par un éditorial

    de Laurent Joffrin, sur le site du Nouvel Observateur,

    traitant Eva Joly de « naïve inconséquente (qui) aurait

    mieux fait, ce jour-là, d'aller s'occuper de son jardin

    bio ».

    On renverra ces leaders socialistes à la démonstration

    qui précède, tant eux aussi auraient bien besoin

    d'un ressourcement aux origines de la République,

    à sa vitalité et à son audace. Mais ce qui frappe

    dans ces premières réactions, rapidement occultées

    par l'offensive de la droite, c'est leur morgue de

    professionnels s'adressant à un amateur : nous, nous

    savons ce qui est sérieux, ce qui a du sens ; nous, nous

    n'improvisons pas des déclarations ; nous, nous ne

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    lançons pas d'idées saugrenues. Comme s'il n'y avait

    pas, dans la réflexion d'Eva Joly, des interrogations

    légitimes concernant toute la gauche ? Comme si, plus

    précisément, la corruption au coeur de la République

    n'était pas sans lien avec cet imaginaire de la puissance

    identifié aux questions militaires et, donc, aux ventes

    d'armes dont la France est le quatrième champion

    mondial ?

    Sans doute anecdotique, mais néanmoins significatif,

    cet épisode illustre notre alerte récente à destination

    d'un Parti socialiste trop sûr de lui, sans audace ni

    altérité, autre que défensive face à la droite (lire

    ici notre précédent parti pris). Ce conformisme,

    dont le calcul politicien et la prudence électorale

    sont le ressort, n'est décidément pas à la hauteur de

    l'époque, de ses défis et de ses risques. Il amenuise et

    éloigne l'horizon d'une gauche de sursaut social et de

    refondation républicaine, au lieu d'en convoquer toute

    la tradition, dans sa diversité et sa richesse.

    De quoi ont-ils peur, à leur tour, pour s'empresser, au

    détour de cette dispute du 14-Juillet, de condamner

    sans nuances l'antimilitarisme, en oubliant que

    ce fut, aussi, l'histoire du mouvement ouvrier ?

    L'antimilitarisme n'est aucunement la désertion de la

    chose militaire ou de la défense nationale, mais le refus

    d'une politique militarisée, dévorée par l'esprit guerrier

    et détournée de la paix civile. Quand, par exemple,

    dans les années 1930, Jacques Prévert et le Groupe

    Octobre composent « Marche ou crève», c'est pour

    refuser une armée de guerre sociale où le travailleur

    est dépossédé de son histoire et de ses intérêts.

    Moi j'suis pêcheur dans l'Finistère

    Explique-moi pourquoi je tirerais

    Sur un mineur du Pas-de-Calais

    Tous les travailleurs sont des frères

    Faut pas nous laisser posséder

    On ne construit pas l'avenir dans l'oubli du passé et,

    certainement pas, de ce passé plein d'à présent. De

    Georges Brassens à Jacques Prévert, en passant par

    Boris Vian, tout un imaginaire poétique et chansonnier

    nous rappelle ce que fut cette gauche de principe dont,

    aujourd'hui, nous avons urgemment besoin. Le Boris

    Vian qui se moquait du défilé – « On n'est pas là

    pour se faire engueuler »– et de la conscription – «

    Allons z'enfants» – est aussi l'auteur du « Déserteur »,

    chanson que toutes les jeunesses fréquenteront un jour

    tant elle est un hymne à la liberté de conscience. Passée

    de voix en voix de par le monde, chantée aussi bien par

    Mouloudji, Juliette Gréco, Serge Reggiani que Johnny

    Hallyday, Renaud, Joan Baez, Peter, Paul and Mary,

    etc., cette adresse aux puissants de toujours symbolise

    évidemment la France, celle que louait Victor Hugo,

    une France qui parle au monde, une France qui vit le

    monde.

    Les Boris Vian d'aujourd'hui sont rappeurs, slammeurs

    ou rockeurs et, comme celui d'hier, sont poursuivis par

    les autorités et voués aux gémonies. Mais, à la fin, ils

    finissent toujours par l'emporter contre ces importants

    qui ne cessent de casser le monde avec leurs marteaux

    pesants. « Ils cassent le monde» est l'un des poèmes du

    recueil Je voudrais pas crever, paru en 1962, l'année

    de la fin de la guerre d'Algérie, trois ans après la

    disparition de Vian. Nul hasard si, de nos jours, il a été

    repris en chanson par Jean-Louis Aubert…

    Sur mediapart.fr, une vidéo est disponible à cet endroit.

    Ils cassent le monde

    En petits morceaux

    Ils cassent le monde

    A coups de marteau

    Mais ça m'est égal

    Ça m'est bien égal

    Il en reste assez pour moi

    Il en reste assez

    Il suffit que j'aime…

    Et si c'était là la vérité de cette querelle du 14-Juillet?

    Les détracteurs d'Eva Joly ne savent tout simplement

    plus aimer la France. Telle qu'elle est. Telle qu'elle vit.

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